Les lampes de poche en reconstitution historique

les lampes de poche des années 1910 à 1960

Nouvel article sur le thème "accessoires", nous abordons aujourd'hui le sujet des lampes de poche en reconstitution historique. 

La nuit, "ça va être tout noir"

Je ne vous apprends rien, mais la nuit... ben il fait pas jour. D'autant plus quand votre campement de reconstit se trouve en rase campagne, loin des habitations et de l'éclairage public. Vous pouvez être sûr que c'est exactement ce moment là que le bouton de votre uniforme choisira pour se faire la malle!

Ni une, ni deux, vous sortez votre téléphone portable en mode lampe de poche ou votre lampe frontale LED... C'est bien mais pas top! Pourquoi choisir l'option de facilité quand vous pouvez opter pour une bonne vieille lampe à "ampoule", celle qui éclaire trois fois rien, c'est tellement mieux... et surtout achéocompatible!

les lampes civiles

Pour vos reconstitutions civiles et même militaires, vous pouvez vous équiper d'une lampe de poche "du commerce". Il existe de nombreux modèles aux formes variés, et ce, dès le début du XXème siècle. Ci-dessous des extraits de catalogues des années 1910 à la fin des années 1930. L'objectif est de vous aider à identifier et dater (plus ou moins) la lampe de poche que vous trouverez dans la table de nuit de mémé Ginette. Les modèles restent foncièrement les mêmes à travers la première moitié du XXème siècle.

Extrait de catalogues des années 1910:

Extrait de catalogues de la "manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne" des années 1930:

Extrait du catalogue Wonder pour le grand public de 1939. Le fabricant ayant honoré la commande de l'armée française en a profité pour mettre ce modèle à son catalogue sous "nouveauté 1939".

Extrait d'un catalogue de 1935 de fournitures de vélo - Charles Weiser marque Alsatia à Strasbourg:

des exemples de lampes civiles

Sont présentées ci-dessous des lampes de poche du commerce, trouvées en brocante et dans les greniers. Pour faciliter la lecture, je reprends la classification du catalogue de la Manuf.

La datation: comme vous pourrez le voir sur les photos suivantes, nombreuses sont les lampes ou il n'y a aucun marquage, même pas le fabricant... alors de la à y trouver une date. Il faut donc se fier à votre "nez" et votre expérience pour dater, à peu près, votre lampe. Certains indices vous y aident: la forme du verre, la peinture, le système d'attache, la forme de la pile, un dépôt de brevet ou encore d'éventuelles inscriptions du propriétaire initial.

D'une manière générale on peut retenir que plus le verre est bombé, plus la lampe est ancienne... Après la première guerre mondiale, les verres plats apparaissent de plus en plus sans pour autant remplacer les verres bombés, loin de là. Il faudra attendre les années 50 pour que la "loupe" laissent définitivement place au verre plat. 

Les catalogues ci-dessus sont de la bonne documentation pour dater un modèle de lampe, mais il ne faut pas oublier que certains modéles ont été fabriqués pendant au moins 30 ans...

Lanterne d'alpiniste:

Ces lanternes présentent un interrupteur sur la face avant, des verres bombés et un double système d'attache - une grosse poignée pour la prise en main et un crochet type boutonnière.

Lanterne phare:

Semblable au modèle d'alpiniste, elle a la particularité de pouvoir se fixer sur les vélos et faire office de phare indépendant de toute dynamo. Un support universel en L se monte à la base du guidon pour le maintient (visible sur le catalogue plus haut) .

Lampe de ménage:

Plus grosse que la lanterne d'alpiniste, elle ne dispose que d'une seule grosse poignée pour la prise en main.

Lampe d'officier:

Lampe sans marquage au verre bombé. S'ouvre par le bas pour glisser la pile, par le haut pour changer l'ampoule. Système de fixation du type boutonnière.

Lampe Pertrix numéro 656. De fabrication des années 1920 ou 1930 (les lampes Petrix n'apparaissent qu'à partir de 1923), cette lampe ne présente pas de verre de protection de l'ampoule mais un simple cache ou black-out faisant d'ailleurs office d'interrupteur. De confection simple et robuste, sa couleur semble la destiner à un usage militaire.

Cette lampe de fabrication allemande de marque Radsonne présente plusieurs détails intéressants: le système d'attache peu courant qui permet de la glisser au ceinturon ainsi que le marquage D.R.G.M.

D.R.G.M. (Deutsche Reichs-Gebrauchsmuster): indique qu'un brevet a été déposé en Allemagne entre 1891 et la fin des années 1940. On trouve également D.R.P. (Deutsches Reichspatent) ou simplement R.P. (Reichspatent). Ce marquage est remplacé par D.B.G.M. (Deutsches Bundes-Gebrauchsmuster) au début des années 50.

lampe de poche:

Cette lampe porte bien son nom car destinée à être glissé dans la poche du gilet. Dépourvue de système de fixation, il y'a tout juste la place de glisser la pile. L'ampoule se change en déclipssant le bloc "loupe".

lampe de poche "du soldat":

Au cours de la première guerre mondiale, il n'y a pas de lampe réglementaire dans l'armée. Cette lampe "la favorite" de couleur bleue nuit fait partie des modèles du commerce directement destinés aux soldats. Il était commun de voir des produits "pour nos soldats du front" dans les commerces et les catalogues. L'ampoule bien protégée dans son logement s'allume lorsqu'on soulève celui-ci.

Pour d'autres modèles, français comme allemands, se reporter aux exemples civils vus plus haut.

Lampe signal:

Modèle apparu au cours des années 30, sa forme résolument moderne par rapport aux lampes dites d'alipiniste ne changera quasimment plus jusqu'au années 80/90!

Facilité d'allumage d'une seule main, verre plat et peu emcombrante, c'est en réponse à une commande de l'armée que Wonder y ajoutera un capot de black-out. Ici présentée dans une version noire destinée au marché civil, elle ne dispose que d'un seul filtre de couleur. Au dos, un système d'attache type boutonnière en cuir. 

Lampe torche:

Lampe torche allemande de marque Pertrix, du modèle 581. L'insertion de la pile se fait par le bas . La partie comprenant la lentille se dévisse également pour permettre nettoyage et changement de l'ampoule.

Bon à savoir: l'entreprise Pertrix créée en 1917 ne fabriquait alors que piles et batteries, les lampes de poche sont apparues à partir de 1923.

Lampe à magnéto:

Cette lampe à magnéto ne nécessite aucune pile puisque qu'elle fonctionne comme une dynamo de vélo. En actionnant la pédale, vous produisez de la lumière. De marque Philips, référence 7424, des modèles similaires sous la référence 7424-03 ont été produits au cours de la seconde guerre mondiale pour l'armée allemande. Celle présentée ici doit dater des années 40, voir début 50 car sa lentille est encore en verre. Elle sera remplacée par du plastique sur les fabrications plus tardives.

lampe de poche en bakélite:

Cette lampe "le contact" en bakélite s'allume en poussant le "bloc ampoule", visible sur la photo du centre. Difficile à dater exactement, elle doit être, au plus tard, des années 1950. 

La Bakélite : la bakélite est un matériau (cassant!) breveté en 1909 qui fût remplacé au courant des années 50 par les nouveaux plastiques. La teinte initiale est entre brune et noire, de nouvelles couleurs apparaitront au fur et à mesure mais indiquent déja des fabrications plus tardives (années 40 à 50). 

Breveté SGDG : mention signifiant qu'un brevet a été déposé, Sans Garantie Du Gouvernement. Apparue avec la loi de 1844, cette mention disparait en 1968.

les lampes militaires 1914/1960

Au début de la première guerre mondiale les armées sont encore "habituées" à utiliser bougies et lampes à pétrole pour s'éclairer. Au fur et à mesure du conflit, les lampes de poches électriques du commerce vont se répandre chez les officiers et les soldats "aisés". Certaines armées vont cependant dès le premier conflit mondial tester des modèles civils et les intégrer à leurs dotations.

les lampes françaises

L'armée française ne dispose pas de modèle réglementaire de lampe électrique pendant la première guerre mondiale. Les soldats s'équipent dans le commerce, en fonction de leurs moyens. Il faudra attendre les années 30 pour que l’intendance se penche sur la question et adopte des modèles de lampe électrique.

Lampe signal:

Au courant des années 1930, l'armée française passe commande à la société Wonder pour une lampe destinée à un usage militaire. Celle-ci est équipée d'un volet de black-out,  de filtres (vert et rouge) et d'un bouton permettant de faire des signaux lumineux.

Lampe réglementaire dans sa couleur grise, proche de celle du matériel radio de l'armée française. 

La lampe réglementaire Wonder dans l'armée française et lampe de prise dans l'armée allemande.

Cette lampe très proche du modèle militaire ne dispose cependant pas de black-out. Aucune trace d'arrachage, il y'en a tout simplement jamais eu.  Autre particularité, elle est marquée "propriété de l'état". Modèle précoce livré à l'armée ou simple fabrication d'après guerre pour la SNCF? Rien n'est sûr.

Lampe à magnéto:

La lampe "Bretton" est une lampe à magnéto en aluminium, des modèles en bakélite existent mais sont postérieurs à 1940. En 1939, elle fait partie de l'unité collective de la mitrailleuse MAC 31 (sous cloche ou tourelle).

Pas besoin de piles pour la lampe Bretton, on actionne la poignée pour produire de la lumière.

Les lampes "américaines" du type TL-122:

Le modèle de lampe TL 122 est adopté en 1941 par l'armée américaine (voir plus bas). A la fin de la seconde guerre mondiale, des stocks importants de TL 122 US sont présents en Europe et vont rejoindre les étagères des armées qui se rééquipent. L'armée française va cependant très vite lancer des fabrications nationales sous licence et c'est cette "lampe américaine" qui va équiper l'armée française jusqu'à la fin du XXème siècle.

Ci-dessus une lampe TL-122-B en métal de fabrication française. Lampe réglementaire, aucun marquage de fabricant ou d'intendance n'est présent. Alors que la version B américaine originale est en plastique, cette TL-122-B est certainement très précoce, fin des années 40, pour que le métal soit encore privilégié au plastique.

Voici une version française de la lampe TL-122 du modèle D. En tout point similaire aux versions de fabrication US, seuls les marquages permettent de les différencier. A noter que la TL-122-D présentée ici, sans doute plus tardive, présente une attache à sa base permettant de l'accrocher au brelage, à un arbre etc...

Détails des marquages que l'on retrouve sur les lampes de fabrication francaise.  Un Fr se rajoute au marquage TL-122, et 2 petits fanions croisés portent la lettre T des transmissions.

Lampe Automax étanche du génie français. Marquée "made in France, breveté SGDG, Armée".

Déstockées au début des années 2000, elles doivent dater des années 50/60.

les lampes anglaises

Au cours de la première guerre mondiale, l'armée anglaise va étudier des modèles du commerce et s'équiper d'une lampe électrique.

Cette torche va peu évoluer jusqu'à la seconde guerre mondiale et l'apparition d'autres modèles. 

Lampe torche:

Ci-dessus un premier modèle de torche très proche du modèle du commerce dont il est dérivé. L'interrupteur dispose déjà de la fonction "morse" pour faire des signaux lumineux. Datée 1917, le marquage présente la flèche du département de la défense anglais.

Ci-dessus une évolution de la torche de 1917, datée 1937. La seule différence réside dans le système d'attache de la lampe qui permet de la glisser au ceinturon.

Une torche fabrication "de guerre" en 1941. Elle diffère du modèle d'avant guerre sur 2 points. La lentille n'est plus qu'un simple morceau de verre et la peinture verte a remplacé la finition en imitation cuir.

Source: warrelics

Lampe signal:

La lampe électrique numéro 1 (LE1) a été distribuée aux soldats britanniques conjointement aux torches vues plus haut, dès le début de la seconde guerre mondiale. Basée sur une simple lampe de vélo, elle dispose d'un black-out et de 2 systèmes de fixation. Un passant pour la glisser au ceinturon et une poignée orientable. Une lampe qui s'avère très pratique pour la vie en campagne. 

Source: Lamp Electric No1

Développée au courant de la guerre, la lampe électrique numéro 4 est en réalité une copie des lampes allemandes du type de celles fabriqués par Daimon. Munie d'un filtre vert et d'un rouge, elle peut se fixer à la boutonnière au moyen des 2 pattes de cuir présentes à l'arrière (celle du haut est absente sur la lampe présentée). A noter qu'elle ne dispose pas de black-out contrairement à la LE1. 

Source: Lamp Electric No4 

Lampe à magnéto:

Lampe à magnéto de marque Dual, en priorité distribuée aux parachutistes au cours de la seconde guerre mondiale. La lumière se fait en actionnant la pédale. Elle existe dans d'autres couleurs, plutôt destinées au marché civil.

les lampes allemandes

Au cours de la première guerre mondiale, l'armée allemande ne dispose pas de lampe réglementaire. Les officiers et soldats en ayant les moyens s'équipent dans le commerce. 

Ci-contre, une photo allemande datant du début de l'année 1917 (carte postale datée du 5 avril 1917). Les 2 lampes visibles sont des lampes du commerce, dites "d'officier". A noter qu'il s'agit de 2 modèles différents (interrupteur au dessus de la lentille sur celle de gauche). Il existe en effet une multitude de modèles dans le commerce destinés à la troupe.

Pour aller plus loin dans le sujet des lampes allemandes WW1, vous pouvez voir le dossier dédié sur le forum la grande guerre ou encore le site First war Tecknik.

Lampe signal:

Au cours de la seconde guerre mondiale, les lampes militaires allemandes ont été fournies en de nombreux modèles et par de nombreux fabricants différents. Daimon, Pertrix pour les plus connus.  Pas forcément munies de black-out, ni de filtres de couleur, elles ont toujours un bouton permettant d'émettre des signaux lumineux. Au dos, une ou deux pattes de fixation en cuir.

Ci-dessus à gauche un modèle Daimon Telko Trio, avec un filtre rouge et un vert. A droite, une moins courante Wif Signal 1136 avec là aussi un filtre rouge et un vert.

Une lampe de marque Pertrix modèle 679L. Sa particularité, dépourvue de filtre, le loquet en bas à droite permet de faire glisser un filtre de black-out entre l'ampoule et le verre. 

Ci-dessus la lampe Daimon 413. Fabriquée dans les années 50/60, elle équipait police et autres services d'état. Très proche des modèles 2ème guerre, elle constitue une bonne alternative pour vos reconstitutions historiques.

Un exemple russe:

Ci-dessus une lampe trouvée en Russie. En l'absence de marquage et d'historique, difficile d'être catégorique sur sa datation. 

 

 

 

La lampe visible sur le soldat russe est d'un modèle résolument moderne, similaire à celle visible plus haut sur le catalogue d'accessoires pour vélos. Photo d'avril 1945.

les lampes américaines

A l'entrée en guerre des Etats-Unis en avril 1917, il n'existe pas de modèle réglementaire de lampe de poche.  Les soldats qui en ont les moyens s'équipent dans le commerce. L'intendance va cependant très vite se pencher sur la question et adopter un modèle en fin d'année 1917.

Lampe de poche:

La lampe de poche "Beacon" est brevetée le 13 novembre 1917. Elle arrivera au courant de l'année 1918 sur le front.

La "Beacon", de fabrication simple, dispose d'un système d'attache "boutonnière" en cuir.

La lampe coudée: TL-122

A l'aube de la seconde guerre mondiale, l'armée américaine cherche à moderniser ses lampes électriques et se penche sur un modèle à la forme particulière, déjà utilisé par les scouts américains. En 1941 est adoptée la lampe coudée TL-122, le début d'une très longue carrière...

Ci-dessus la première version de la lampe coudée, la TL-122-A. Entièrement en métal, les piles s'introduisent en dévissant le capuchon du bas. L'ampoule se change en dévissant la rondelle qui maintient le verre.

Ci-dessus, une lampe TL-122-B, premier modèle réalisé en plastique. L'ampoule de rechange est logée dans le fond du logement pour piles. Le fabricant GITS a apposé son logo au bas de la lampe.

 

 

 

Ci-contre une lampe TL-122-B "civile" de couleur noire.

Trouvée en Lorraine en vide grenier, non marquée TL-122, il doit/peut s'agir d'une lampe livrée à l'armée américaine pour faire face à la forte demande.

La lampe TL-122-C diffère de la B par sa résistance à l'humidité (pour ne pas dire étanche). Un joint en caoutchouc a été rajouté au niveau de la rondelle qui bloque le verre (bien visible sur la 3ème photo), ainsi qu'au logement pour piles.

Ci-dessus la lampe TL-122-D. Elle se distingue des précédents modèles par la possibilité de mettre des filtres de couleur. Ces filtres, non utilisés, se logent dans le container prévu à cette effet à la base du logement pour piles. Le filtre M-284 blanc permet par exemple d'atténuer la lueur et la rendre moins visible de loin.

Apparu en fin de guerre, la carrière de la TL-122-D sera longue. 

Sources: passionmilitariaparatrooper;   

Les versions "étrangères" des lampes coudées TL-122:

A la fin de la seconde guerre mondiale, la lampe de poche coudée américaine devient l'un des symboles de l'armée victorieuse.  Cette lampe va très vite se répandre tant sur la marché civil que dans les différentes armées européennes.  

Comme nous l'avons vu pour la France, de nombreuses armées vont produire sous licence leurs propres versions de lampe TL-122.

Ci-dessus une lampe T-122-B à l'origine inconnue. Seul marquage présent, une étoile en lieu et place de l'habituel marquage TL-122. Fabrication italienne, yougoslave ou encore plus à l'Est, la question reste ouverte.

Les lampes pour vos reconstitutions historiques

Vous voila incollable (ou presque) pour reconnaître et dater vos lampes électriques. Mais du coup, laquelle sortir?

  • 1914-1918: lampe du commerce
  • 1939-1940: lampe du commerce, lampe signal
  • Libération: lampe du commerce, lampe signal, lampe à magnéto, lampe TL122 US
  • Indochine: lampe signal, lampe à magnéto, lampe TL122 US
  • Algérie - fin du XXème: lampe TL122 US, lampe TL 122 en version francaise

D'une manière générale pour vos reconstitutions, je préconise d'épargner le matériel de "collection" au profit de copies ou versions civiles d'après guerre. Pour les lampes militaires il en est de même.

Lampes US:  il existe dores et déjà des copies de lampe TL-122-A. Les TL-122 des années 60 peuvent également servir sur le terrain. Vous pourrez ainsi épargner vos TL-122 originales.

Lampes allemandes: il existe de nombreuses versions datant des années 50 très proches voir similaires aux modèles de la seconde guerre mondiale.

Lampes françaises: privilégiez les modèles du "commerce" pour vos sorties France 40, elles ne dénoteront pas sur les photos. Pour l'après guerre, reportez-vous aux lampes US.

Gaston Ladalle.

Merci à Vincent, François, Olivier, Corentin, P-O et Cédric de m'avoir éclairé de leurs lumières...

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Commentaires: 5
  • #1

    Lampophile (mercredi, 01 mai 2019 23:03)

    Quel document daté vous permet d'affirmer que Wonder a mis dans son catalogue 1939 une lampe d'abord commandée par l'Armée ?
    Quel document prouve l'existence de cette commande ?
    Existe il une liste officielle de matériel règlementaire dans laquelle elle est mentionnée ?
    Je précise ces questions posées sur des forums n'ont pour le moment jamais reçu de réponse.

  • #2

    Gaston Ladalle (jeudi, 02 mai 2019 12:57)

    Bonjour à vous également,
    Je ne dispose pas de document "daté" me certifiant cette information. J'ai procédé par déduction étant donné qu'une lampe avec Black-out est réglementaire dans l'armée française en début de guerre.
    Le développement d'un tel modèle avec Black-out ne résulte certainement pas d'un besoin que le marché civil aurait pu faire sentir au fabricant. Wonder a très certainement d'abord répondu à un appel d'offre émanant de l'armée. Ce nouveau modèle lancé (et amorti au travers de la commande de l'armée) a ensuite pu être proposé au marché civil, d'où la présentation sous "nouveauté 1939" dans le catalogue de la marque.
    Mais je vous l'accorde, il faudrait avoir accès aux archives de Wonder pour confirmer (ou pas) cette théorie.

    Cordialement
    Gaston

  • #3

    Lampophile (mardi, 07 mai 2019 11:04)

    Bonjour

    Merci pour cette réponse qui confirme que des preuves restent à établir.
    Par contre si c'est une commande militaire qui a déclenché par Wonder la fabrication de telles lampes, parce que Wonder n'aurait pas deviné un potentiel marché civil, on peut se demander pourquoi autant de modèles ont été mis aux catalogues.
    Dans le doute sur l'importance du marché, Wonder aurait pu se limiter à ce seul modèle employé par l'armée.
    Ors d'autres lampes à filtre(s) avec ou sans volet ont été produites par Wonder avant l'occupation.

    Autre hypothèse : l'armée se serait approprié et réservé un modèle initialement civil.
    Je n'ai aucune preuve.
    Cette hypothèse repose sur le constat que la lampe dont nous parlons n'est présente, pour la première et dernière fois avant l'occupation, que dans le catalogue 1938-39.
    Une lampe portant la même référence est présente dans le catalogue 1939-40 mais elle est différente : boutons ronds, filtre vert remplacé par un bleu ( Vert désormais réservé à l'armée ?)
    Je ne sais pas si il y a eu poursuite de fabrication de ces différentes lampes d'avant 1941 pendant et après l'occupation.
    Je ne sais pas si la lampe dont nous parlons est réapparue au catalogue après la libération.
    Aucun catalogue ne semble avoir été publié sous l'occupation.

    Le hasard de la découverte de documents issus d'archives militaires ou Wonder permettra peut-être d'en savoir plus....un jour.

    Ce à quoi je tiens c'est que la distinction soit faite entre des informations reposant sur des documents datés et des hypothèses.
    Les hypothèses sont légitimes, surtout si elle sont argumentées, mais elle ne doivent pas être entérinées sans élément probant.

    Dans le domaine des lampes Wonder, des annonceurs et des amateurs de reconstitution font parfois des erreurs de datation pouvant atteindre ou dépasser 25 ans.
    Exemple :
    Sur un forum, je ne sais plus lesquel, une lampe est déclarée ayant été utilisée par la Résistance, pour la réception des parachutages.
    Ors la variante présentée sur le forum n'apparait qu'a la fin des années 50 et il n'y a à ce jour aucune preuve de l'existence en 1940 de la famille dont est issue cette variante.

    Cordialement
    Et vive les collections, quel que soit le sujet.


  • #4

    Armand (lundi, 28 octobre 2019 22:35)

    Bonsoir

    Cet article est intéressant.
    Je l'ai découvert en cherchant des informations sur la lampe qui est l'objet des remarques de Lampophile.

    J'ai trouvé aussi sur le forum Passion Militaria des discussions, un peu plus anciennes que votre article, au sujet de cette même lampe. Quatre des images que vous publier y figurent.

    L'un des intervenant fait, lui aussi remarquer, le manque de document. Ce qui d'ailleurs semble déranger les autres interlocuteurs.
    Quand on prend le temps de bien lire les échanges, il ressort que ce qui est brandi comme preuve est un article paru dans une revue assez récente... et rien d'autre.

    Vous même dans votre réponse à Lampophile, vous admettez le manque de document mais vous rechutez en écrivant « une lampe avec black-out est réglementaire en début de guerre ».
    L'avez vous ce "règlement" ou votre référence est elle aussi cet article dans une revue récente ?

    Il semble qu'il y ai une volonté délibérée de beaucoup que cette lampe à volet et filtres vert et rouge soit une lampe militaire de 1940 ( C'est à dire conçue pour l'Armée et non pas seulement utilisée par de militaires ).

    Et vous semblez en faire partie pour la raison suivante :

    Dans votre article vous mentionnez une lampe WONDER à filtre vert et rouge, sans volet, marquée « Propriété de l'Etat ».
    Et vous faite l'hypothèse qu'elle était peut être destinée à la SNCF.

    Pourquoi ce ne serait pas elle la lampe militaire 1940 ?
    Parce qu'elle n'a pas de volet ?
    En quoi le volet est il indispensable à la fonction militaire ?
    Les TL122 n'en ont pas...

    D'autre part, les lampes SNCF sont généralement marquées SNCF, notamment celles fabriquées par WONDER.

    Une lampe à filtres, sans volet, marquée « Propriété de l'Etat » a plus pour être militaire qu'une lampe à filtres, à volet, sans marquage de propriété et présente dans un catalogue public.

    Compte tenue de la remarque de Lampophile, j'ai fait le recensement suivant.
    Entre 1938 et 1940 le catalogue public WONDER, dans la catégorie Protection civile, présente :
    5 lampes à volet dont 4 à filtre(s) dont 3 à bouton morse.
    Une à volet sans filtre ni bouton morse.

    Ces 6 lampes civiles à volet et l'absence de volet sur les TL122 mettent bien en évidence que la fonction black-out n'est pas l'apanage des lampes militaires, ni une caractéristique indispensable aux militaires.

    De plus, les deux autres lampes à volet, filtre et bouton morse pourrait être elles aussi « la commercialisation civile » d'une lampe fabriquée pour l'Armée tout autant que celle de cet article récent qui sert de refuge à beaucoup de "reconstitueurs militaria".

    La seule certitude c'est que "cette lampe" est bien contemporaine de 1938-40 car présente dans un catalogue de cette époque. Les "reconstitueurs civilaria" n'ont, eux, plus rien à prouver.

    Le reste est hypothétique et ceux qui mettent en vente cette lampe entre 100 et 200€ ainsi que ceux qui en ont acheté à ce prix auraient tout à perdre si il s’avérait que la lampe qui fait l'objet d'interrogations n’était pas « la lampe militaire réglementaire de 1940 ». Si il en existe une...

    AL

  • #5

    Gaston Ladalle (mardi, 29 octobre 2019 21:02)

    Bonjour Armand,

    Comme je le disais a Lampophile, je n'ai pas de document daté me certifiant quoique ce soit. Je me réfère au livre "Le soldat français de 1940" d'Olivier Bellec Tome 2, qui en page 114 mentionne cette lampe avec volet.
    J'aurais certainement poussé les investigations si l'objet de mon article avait été "la lampe de poche réglementaire de l'armée française en 1939/1940". Or ici, je me contente de survoler les modèles afin d'aiguiller les reconstitueurs.

    Néanmoins, vous faites référence aux catalogues Wonder. Sachez que si vous disposez de cette doc et que vous êtes prêt à la partager, n'hésitez pas à me contacter via la rubrique contact pour en faire profiter le plus grand nombre.

    Au plaisir
    Cordialement
    G.Ladalle